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Le cyclone de la toison d'or

Vendredi 26 octobre 2007
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Me voilà enfermé, dehors le ciel est bleu. Un soleil d'automne, éblouissant, trop lumineux et limite aveuglant. Peut être comme la liberté en fin de compte. Le psychiatre de garde s'est entretenu avec moi. Tout le passé avec ma mère et même le suicide de mon père ne l'intrigue pas. Par contre, que des amis m'hébergent le submerge... La seule chose qui l'inquiète est la gentillesse de mes amis, le reste, il s'en contrefous.
Je dois bien accepter que je ne contrôle plus ma vie. Je suis dépendant de leur jugement, de leur regard, de leur interprétation. Je sais comment je suis entré dans cet hôpital psychiatrique mais ne sais pas encore comment j'en sortirai... peut être les pieds devant. Si seulement "comment" était la seule et unique question. La question qui transperce mon esprit, parait il dérangé, est "quand ?"

Cloisonné à jamais dans cette structure, là où l'on cache les aliénés, ceux dont nous avons honte, ceux qui font tache dans notre si belle société hypocrite. Enfouir pour mieux mûrir, ne pas dire pour mieux laisser pourrir, terrer avant d'enterrer sans aucun complexe. C'est un réflexe. Les soit disant "saints" assassins, tueurs de la légèreté et des simples bonheurs pour ne voir que leur intérêt que j'enverrai bien au fond de leur postérieur pour rendre à ma vie quelques couleurs. Pourrait on me donner ce pouvoir ?

Le personnel, très gentil mais professionnel, garde sa distance tout en montrant sa présence. Moi, je suis là et pas là à la fois. Je ressens un profond malaise de me retrouver ici, comme en prison. Les "gens" qui m'entourent me semblent pires que moi. "Pires" donc je pense que je ne suis plus saint d'esprit. En même temps, je me demande si c'est normal, simple sursaut de fierté d'exister encore... Pour la dernière fois ? 

Ne surtout pas accepter qu'ils me ressemblent, que ma place n'est pas ici, que je suis victime d'une machination par peur de mes réactions. Est ce une erreur ? Suis je une horreur ?  Je pense que je cherche à sauvegarder les dernières forces de ma personnalité.

Me voilà enfermé, prisonnier de ma démence, esclave de ma déchéance. Puis je faire confiance à tous ces étrangers lorsque je suis en phase de rejet des rescapés de ma famille de sang ? Puis je replonger dans ma perpétuelle méfiance de l'autre, le mauvais, le mal, le malin.

Le regard des autres est si important pour moi, c'est lui qui me construit, me nourrit, lui qui me fait vivre. Je cherche souvent à changer ma personnalité, à jouer un personnage, pour le plaisir de ces êtres dissemblables. Je veux leur sembler agréable et je me noie dans la fausseté à jamais. J'apprivoise la méfiance d'autrui pour mieux me fondre dans le paysage. La suspicion des autres.

Changer mon identité pour être soit disant accepter par les gens "dits" normaux, est ce une obligation ? Me voilà enfermé mais peut être libre de penser ce que j'ai envie. Est ce la vérité ? Ou ma vérité rien qu'à moi ? Est ce un bien de se vider totalement les batteries pour les recharger d'ondes positives ? Suis je en face d'un encadrement professionnel qui accorde plus d'importance au quotient intellectuel  qu'à celui  de l'émotionnel ? Me voilà enfermé  et c'est déjà beaucoup...

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Mardi 30 octobre 2007
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Ai je la phobie des phobies ?  Accepter  que l'on va mal permet de trouver des solutions pour sauver son esprit. Et si j'étais une éponge qui récupère et engloutie toutes les angoisses des gens qui m'entourent et toute la misère du monde ? Que de prétentions pour un seul homme. Qu'est ce la phobie des autres à part la peur d'être touché par leur tristesse et leur désarroi. La phobie de ne jamais être la hauteur de l'image que l'on aimerait donner de soit ou d'ailleurs de l'image qu'ils attendent de nous.

Le regard des autres m'angoisse tant et pourtant je m'autorise à juger en un clin d'oeil l'autre, l'étranger, l'inconnu. La souffrance de la différence et celle de l'indifférence se mélangent et ce remix ressemble à moi. Survint la parano lors de ce cheminement de destruction intérieure, ce besoin de ressentir la persécution et le fantasme de la victimologie.

Mon principal ennemi, celui qui hait le plus, c'est mon autre moi. Je ne sais pas comment je vais gérer l'après. Est ce que je me dirige vers la fusion des deux personnages ou bien la division une fois pour toutes ? Comment accepter les regards ? Il faut cesser d'interpréter, d'analyser. Pourtant souvent cela me sauve ! Tous ces regards qui se posent sur moi, qui parfois me violent ne sont peut être rien, dénués d'aucun jugement et peut être parfois, je dis bien parfois, de l'affection.

Puisqu'il est temps de le reconnaître, oui je l'avoue très modestement : je suis malade. Il faut que je réapprenne à prendre soin de moi, à me respecter avant de penser aux autres. Tout cela reste de la théorie car je ne suis pas fabriqué ainsi et que je ne changerai jamais totalement. Mais je commence à l'envisager, et même à y travailler.

J'existe, oui, j'existe vraiment dans ce monde de fous. Et j'existe d'abord pour moi même et les miens. Le don de soi n'est pas une dictature,  parfois une torture et d'autres fois un orgasme. Je n'existe pas qu'à travers le regard des autres. C'est maintenant très clair que l'importance d'envoyer une image la plus positive de soi même est une réalité mais pas au point de se trahir. Rester fidèle à moi-même, voilà ma doctrine dorénavant.

Deux choses que je ne dois plus confondre : l'amitié et la pitié. L'une est positive, l'autre négative. Mais dès qu'une chose positive m'arrive, c'est plus fort que moi, je relance irrémédiablement la spirale de l'autodestruction quand je sens que l'on m'apprécie, que l'on m'aime...

A ce moment là, la phobie des phobies est un bon alibi...

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Mercredi 31 octobre 2007
Ce matin, coup de fil... Émilie, ma compagne... Je suis arrivé hier à l'HP Bel Air de Charleville vers 20 heures hier soir. Émilie me téléphone ce matin vers 11h30. Elle me dit qu'elle va faire un dossier C.A.F. à son nom puisque sur Rouen, nous en avons un au mien. Tout cela afin de trouver un nouvel appartement.

Problème à mes yeux : Comment financer pendant trois mois deux appartements alors que nous n'avons plus aucun revenu ?

Traduction toute personnelle et sans doute et peut être inadéquate : on se débarrasse de l'élément perturbateur pour mieux contrôler sa vie. Comme je ne comprends pas cette urgence qui n'a pas lieu d'être, je demande qu' Émilie me paisse Virginie, la femme du couple qui nous héberge.

Je suis pris de panique, de crises d'angoisses. Je crois de nouveau à l'abandon, au rejet. Je croyais de nouveau à l'amitié. Avais je seulement compris ce que c'était l'amitié ? Je crois qu'elle est devenu une ennemie.

Je ne sais plus quoi répondre. Je demande juste des explications et si elle désire ne plus me voir. Encore une fois, le Sam s'emballe et fait ses conclusions trop vite.

J'ai si mal que plus personne ne se comprend. Je ressens le besoin de crier mon incompréhension. Je me sens seul, si seul et incompris. Je me sens isolé des décisions, mon rôle inexistant. Mais au fond, ne suis je pas l'initiateur de tout cela.

Je crois que tous les projets en commun sont remis en cause derrière mon dos. Peut être que je songe à la persécution. Je suis devenu à jamais un être que l'on a à charge. C'est toute l'histoire de ma vie. Je me suis toujours senti à la charge de quelqu'un et peut être qu'au fond, je l'ai toujours recherché.

On me recolle l'étiquette du malade mental et on me fait plus confiance. Si j'ai besoin d'être aidé, soutenu, entendu et soigné, je ne dois pas être rejeter et que l'on décide de l'avenir de ma famille sans me consulter et en m'évinçant. Incompréhension...

A suivre...

Je voudrai préciser que je transcris mon ressenti d'un cahier (offert par la belette d'ailleurs)  et que les événements datent d'un passé proche. Ne jugez pas les gens trop vite  car l'une restera ma femme pour la vie (émilie, si elle le désire) et l'autre mon amie pour la vie (virginie, si elle le désire aussi lol). Alors ne prenez jamais partie contre elles dans les commentaires...

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